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S’émerveiller, un besoin fondamental (suite)

Les surstimulations sont omniprésentes dans nos vies modernes occidentales

La nature des enfants n’a pas changé mais l’environnement dans lequel ils évoluent oui. Cet environnement les soumet à des stimuli qui les empêchent de prendre plaisir à des activités lentes. Les enfants doivent s’adapter au rythme frénétique d’un environnement qui produit de plus en plus de stimuli : la télé, le Smartphone, les réseaux sociaux, les textos, les activités parascolaires, les heures de sommeil qui rétrécissent, l’inscription précoce à l’école, les jouets qui parlent, les programmes éducatifs pour les bébés…

Un jeune enfant est surstimulé par des détails qu’un adulte moins sensible que lui ou qui ne voit pas les choses avec la même perspective, percevra à peine.

Dans son livre Cultiver l’émerveillement et la curiosité naturelle de nos enfants, Catherine L’Ecuyer se pose plusieurs questions : qu’arrive-t-il aux enfants baignés dans un environnement enrichi à outrance où ils sont constamment surstimulés de l’extérieur ? quand leur agenda est rempli comme celui d’un PDG ? quand ils n’ont pas le minimum d’heures de sommeil dont ils ont besoin ? qu’on les bombarde de méthodes et activités pour accélérer leur développement ou leur QI ? quand on les entoure d’appareils émettant du contenu bruyant et rapide ?

« Les êtres humains ont une grande capacité d’adaptation à leur environnement mais notre nature a des limites. Et quand on en repousse les limites, la nature ne pardonne pas : s’ensuivent parfois toutes sortes d’effets indésirables. » Catherine L’Ecuyer

Conséquences de la sur-stimulation des enfants

C’est la soif de savoir qui pousse les enfants à apprendre et non leur désir de simplement recueillir l’approbation des adultes ou d’avoir des bonnes notes.

La surstimulation remplace l’élan naturel des enfants et dégrade leur sens de l’émerveillement, qui est à la base de leur capacité à faire preuve de curiosité et à apprendre.

La surstimulation les prédispose à vouloir vivre dans un environnement toujours plus stimulant. Les enfants surstimulés n’aiment pas rester immobiles et sont avides de distractions et de sensations toujours plus intenses. Ces enfants sont saturés et leur soif innée d’apprendre est étouffée. Ils peuvent en venir à chercher à se divertir par des moyens plus ou moins inappropriés (allant jusqu’au vandalisme ou la consommation de pornographie par exemple).

« Les enfants qui n’ont pas encore déclenché le cercle vicieux ou l’effet de spirale de la surstimulation seront naturellement curieux – et ce, indépendamment de leur potentiel intellectuel – si, en plus de ne pas leur fournir de réponses toutes faites, nous les avons laissés découvrir le monde qui les entoure à leur propre rythme par le biais d’activités spontanées. » Catherine L’Ecuyer

L’esprit d’un enfant surstimulé s’habitue à une réalité qui n’existe pas dans la vie de tous les jours. Dès que son esprit se tourne vers des contenus moins rapides et se concentre sur la réalité ordinaire dont le rythme est plus lent, il ne peut pas voir la beauté dans le quotidien et s’ennuie. Catherine L’Ecuyer affirme que les enfants surstimulés deviennent distraits, la distraction étant le contraire de l’attraction.

Comment contrer la perte de l’émerveillement des enfants

Catherine L’Ecuyer estime que ce que l’on doit modifier pour contrer la perte de l’émerveillement, ce ne sont pas les enfants ni les adolescents mais notre approche à l’égard de leur éducation. Nous pouvons cesser d’imposer des activités, des vouloir rendre les enfants plus performants et commencer à les apprécier tels qu’ils sont, avec leurs goûts et leur rythme. Einstein aurait dit : “On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré”. Les enfants qui ont perdu leur capacité à s’émerveiller ont besoin que des adultes bienveillants les aide à recouvrer leur curiosité naturelle et leur enthousiasme.

Aménager des environnements, à l’école et à la maison, favorables à l’émerveillement

Aménager des environnements favorables à l’émerveillement passe par :

  • le respect de la sensibilité des enfants, de leurs gestes spontanés, de la curiosité innée qui les pousse à la découverte, de leurs rythmes personnels, des étapes de leur croissance
  • des temps longs de jeu libre et de découverte,
  • du contact fréquent avec la nature,
  • des rituels et routines pour plus de stabilité et de repérage dans le temps,
  • des temps de pause sans écran et des temps de silence.

Il faut également entourer les enfants de beauté (par exemple en introduisant des éléments naturels comme le bois, la laine, de la verdure, de la lumière naturelle et des jouets simples qui ne clignotent pas et ne font pas de bruit). La beauté, c’est également l’amour et le réconfort des parents, le sourire d’un frère ou d’une soeur, la gentillesse d’un ami, le jardin luxuriant qui offre des fruits et légumes varié et colorés.

Repenser les relations familiales

Catherine L’Ecuyer écrit qu’au lieu de s’acharner à offrir un excès de stimulation sensorielle durant les premières années du développement, il faudrait se préoccuper davantage des modes d’interaction entre l’enfant et l’adulte.

Le simple fait d’être présent et d’établir un lien de confiance avec l’enfant, en s’occupant avec tendresse de lui, le regardant, lui parlant doucement, en lui souriant, en le touchant, est primordial pour renforcer les liens et assurer la sécurité émotionnelle.

 Les recherches sur l’attachement suggèrent que c’est la qualité des relations interpersonnelles et non la stimulation sensorielle excessive qui serait la clé d’un bon développement. Daniel Siegel

Article originellement paru sur le blog Apprendre à Eduquer ,
le 20 octobre 2019

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