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Ensemble !

Nos vies de famille sont actuellement bouleversées, parasitées par une surabondance d’informations anxiogènes et contraintes par des mesures de précaution sanitaire. Comment vivre au mieux ce moment singulier de promiscuité en famille, dans des espaces parfois exigus, avec les irritations et frustrations que la privation de libertés peut générer ? Comment gérer la discontinuité de nos vies familiales privées de contacts physiques avec l’extérieur ? Comment remédier aux tensions et accompagner nos enfants au mieux ?

Pris dans ce climat d’anxiété générale, les enfants peuvent se sentir submergés. La fermeture des écoles, la juste distance à respecter, l’impossibilité de jouer avec leurs copains, le fait d’éviter de voir leurs grands-parents pour les protéger… ces consignes impactent le quotidien généralement organisé et protégé de nos enfants.

(S’)Ecouter…

Nous-mêmes en tant qu’adultes pouvons nous sentir bouleversés voire accablés par la réalité actuelle et l’ampleur des mesures restrictives. L’impuissance dans laquelle nous sommes risque de nous conduire à avoir des paroles, des attitudes ou des actes guidés par la seule émotion. Les enfants, à nos côtés 24h sur 24h, ressentent nos émois, perçoivent nos inquiétudes et peuvent à leur tour être saisis d’angoisse… Dès lors, coupons de temps en temps le flot d’informations pour éviter d’être, petits et grands, débordés par l’émotion, sans pour autant y être insensibles.

Face à cette situation inédite, il est important, en tant que parent, que nous soyons à même de reconnaître nos ressentis pour pouvoir les exprimer à nos enfants et accueillir les leurs. Car ce n’est que lorsqu’on accueille les émotions qu’elles s’apaisent.

Troublés par ces nouvelles conditions de vie, les enfants ont besoin d’exprimer ce qu’ils ressentent. Questionnant les précautions qui se multiplient, ils peuvent avoir des difficultés à appréhender le danger actuel puisqu’il ne se voit pas concrètement. Par le dialogue ou le dessin, invitez votre enfant à exprimer ce qu’il vit et ressent. Cela le rendra acteur d’une réalité qui le concerne aussi.

…pour (s’)Ajuster

Dans ce contexte anxiogène, les repères sont essentiels autant pour les enfants que pour les adultes. Maintenir un rythme de vie permet de respecter les besoins de l’enfant en le sécurisant face à un quotidien chamboulé. Télétravail, école à la maison… Une nouvelle organisation s’impose pour laquelle il est utile de définir un « modus vivendi » : une façon de vivre ensemble cette période en aménageant des solutions qui conviennent à chacun.

Préservez-vous, respectez-vos limites en cultivant l’autonomie de vos enfants. Ce peut être le moment de mettre en place de nouveaux rituels comme :

  • mettre en place un « tableau des responsabilités » pour organiser la répartition des tâches ménagères en fonction des âges  ;
  • échanger en début de matinée sur le déroulé de la journée, sur l’organisation des temps et des espaces de chacun (travail scolaire, professionnel, activités récréatives partagées ou non, etc.)
  • ou encore, instaurer de façon régulière un « conseil de famille » où chaque membre, quel que soit son âge, s’exprime tour à tour sur ses ressentis, besoins et demandes et où les décisions sont prises en commun.

D’expérience, cette écoute mutuelle permet à chacun.e de se sentir considéré.e et facilite la coopération. A nous, parents, d’être garants du cadre défini ensemble.

 

La « maison école »

Concernant le temps du travail scolaire, je peux témoigner en tant qu’éducatrice et mère pratiquant l’instruction en famille que disponibilité et adaptabilité sont nécessaires, surtout avec des enfants de moins de 10 ans pour lesquels une présence attentive soutient leur propre capacité d’attention. Confinés, il ne s’agit donc pas de reproduire à la maison le rythme des journées d’école.
Seules quelques heures par jour suffisent. Préférez des séquences courtes réparties le matin, pendant lesquelles la concentration de votre enfant est plus efficace plutôt que plusieurs heures d’affilée au bout desquelles tensions et fatigue apparaissent. A titre d’exemple, nous consacrons 3 à 4 heures / jour aux apprentissages : deux fois 1h/1h30 pour les apprentissages dits fondamentaux et environ 1h de plus sur les découvertes du monde : histoire, géographie, sciences naturelles, arts et musique etc.

Privilégiez une approche active et ludique qui laisse place à l’expérimentation et au mouvement. Variez si possible les supports documentaires. Responsabilisez votre enfant : si nécessaire, rappelez-lui le programme et laissez-le choisir ce par quoi il souhaite commencer. La motivation doit essentiellement venir de lui-même pour que l’apprentissage soit efficace.

Tel que Maria Montessori le préconisait, je vous invite aussi à partir d’expériences de la vie réelle pour approfondir ensuite des éléments de culture générale s’y afférant. Ayez confiance en la curiosité de votre enfant : observez et rebondissez sur ses intérêts pour le monde qui l’entoure et vous nourrirez son enthousiasme d’apprendre. Suivez son rythme et son élan naturel : il se sentira respecté dans ses dispositions spontanées d’apprentissage. Il n’en sera que mieux disposé à réaliser les exercices demandés et l’ambiance à la maison sera d’autant plus fluide et détendue !

Une bulle de douces heures partagées !

Apprécions cette période entre parenthèses, acceptons de ralentir et laissons-nous surprendre par cet espace – temps de (re)découvertes* mutuelles. Partageons ensemble des jeux, des chants, des rires, des histoires, des créations diverses et variées… Soyons à l’écoute de nos enfants.  Accompagnons-les à développer de nouvelles compétences, en cuisine, en couture ou à l’ordinateur… Encourageons leur créativité, laissons-les s’ennuyer et jouer librement. Essayons de vivre ce confinement comme un moment privilégié. Favorisons les moments de tendresse et de complicité : en plus de resserrer les liens de famille, cela renforce notre immunité !

* Nombreuses sont les ressources éducatives disponibles aujourd’hui sur le net. Vous trouverez ici une sélection d’idées  également relayées sur la page facebook des Petits Nous.

Source : Les Griottes


 

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